Retraite du médecin généraliste : 2 967 € bruts en moyenne, mais trois régimes à vérifier

La retraite d’un médecin généraliste libéral ne correspond pas à un pourcentage automatique de ses derniers revenus. En juin 2025, la pension moyenne versée aux médecins retraités atteignait 2 967 € bruts par mois, soit 35 407 € bruts par an. Ce chiffre concerne toutefois l’ensemble des médecins retraités, et non les seuls généralistes libéraux. Pour estimer sa pension, il faut additionner trois régimes, puis contrôler ses points, ses trimestres et son âge de départ.
2 967 € bruts par mois : un repère, pas une promesse individuelle
En juin 2025, la retraite moyenne des médecins retraités s’élevait à 2 967 € bruts mensuels. Elle comprenait 668 € au titre de la retraite de base, 1 339 € pour la retraite complémentaire et 960 € pour l’ASV. Cette moyenne doit être interprétée avec prudence : elle inclut des médecins généralistes, des spécialistes, des praticiens ayant exercé à l’hôpital et des personnes dont la carrière n’est pas complète.
Calcul du montant brut selon vos points de retraite
Saisissez vos points pour obtenir une estimation théorique du montant brut annuel et mensuel.
| Régime | Montant mensuel moyen en juin 2025 | Part de la pension moyenne |
|---|---|---|
| Retraite de base | 668 € | 23 % |
| Retraite complémentaire RCV | 1 339 € | 45 % |
| ASV | 960 € | 32 % |
| Total | 2 967 € bruts | 100 % |
Le niveau de revenu pendant la carrière explique une partie des écarts. Le BNC moyen déclaré en 2023 atteignait 89 200 € pour les généralistes, contre 121 300 € pour les spécialistes. Le revenu professionnel ne se transforme toutefois jamais directement en pension. Les plafonds de cotisation, la durée d’affiliation, les années salariées et les conditions de départ modifient le résultat final.
Le montant de 2 967 € est exprimé en brut. Selon la situation fiscale du retraité, la pension peut être réduite par la CSG, la CRDS et la CASA, puis par l’impôt sur le revenu. Comparer un revenu de cabinet avant charges à une pension brute donne donc une image incomplète. Il faut plutôt comparer le revenu disponible du foyer avant et après le départ.
Les trois pensions qui composent la retraite du médecin libéral
La retraite de base de la CNAVPL
La retraite de base des professions libérales relève de la CNAVPL. Elle fonctionne en points et représente environ 22 % à 23 % de la pension moyenne des médecins. Les revenus cotisés servent à acquérir des points et à valider des trimestres, dans la limite de quatre trimestres par an. Au 1er janvier 2025, la valeur de service du point de base était de 0,6540 €.
Le RCV et l’ASV gérés par la CARMF
La CARMF gère le Régime complémentaire vieillesse, ou RCV, ainsi que l’ASV, les Allocations supplémentaires vieillesse. Le RCV est le principal poste de pension dans la moyenne observée : la valeur de son point était de 76,15 € au 1er janvier 2025. L’ASV concerne les médecins conventionnés, avec une valeur de point de 11,71 € à cette date.
Pour les médecins de secteur 1, deux tiers des cotisations ASV sont pris en charge. Ce régime peut donc peser fortement dans le montant de la retraite future, mais son accès et ses droits dépendent du conventionnement. Les points acquis auprès de la CARMF ne remplacent pas le contrôle des trimestres enregistrés par le régime de base.
Ces trois régimes n’évoluent pas de la même manière et ne répondent pas tous aux mêmes conditions de liquidation. Un relevé affichant un nombre élevé de points CARMF ne suffit donc pas à estimer la pension totale. La carrière doit être examinée dans son ensemble.
Points, trimestres et âge : la formule réelle de la pension
Pour chaque régime en points, le calcul de base est simple : nombre de points acquis × valeur de service du point. Le montant peut ensuite être modifié par les règles applicables au moment du départ. Les valeurs de service sont revalorisées : une simulation doit donc utiliser les montants en vigueur à la date où elle est réalisée.
Les trimestres ont une fonction différente. Ils servent notamment à vérifier si le médecin a atteint la durée d’assurance requise pour obtenir le taux plein au régime de base. Selon l’année de naissance, cette durée se situe entre 169 et 172 trimestres. L’âge légal de départ varie de 62 à 64 ans selon la génération. Le taux plein automatique est atteint à 67 ans.
Une carrière médicale est souvent composée de plusieurs périodes. Internat, clinicat, remplacements, activité hospitalière, exercice salarié ou installation tardive peuvent répartir les droits entre différentes caisses. Une période salariée correctement enregistrée peut apporter des trimestres manquants et éviter une minoration sur la retraite de base, même si elle n’apparaît pas dans les relevés CARMF. Reconstituer la chronologie complète de la carrière est donc plus utile que de regarder uniquement le dernier revenu déclaré.
Décote et surcote : mesurer le prix d’un trimestre
Lorsque la durée d’assurance requise n’est pas atteinte au moment du départ, la retraite de base peut subir une décote de 1,25 % par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres. La minoration maximale atteint ainsi 25 %. À l’inverse, les trimestres travaillés au-delà des conditions du taux plein peuvent ouvrir droit à une surcote de 1,25 % par trimestre, selon les règles du régime de base.
Reporter son départ ne se décide pas uniquement en fonction de ce taux. Il faut aussi comparer le supplément de pension, les cotisations encore dues, le revenu d’activité conservé, la fiscalité du foyer et la durée pendant laquelle la pension majorée sera perçue. Un départ différé peut être intéressant dans certains cas, mais son intérêt dépend de la situation personnelle.
Obtenir une estimation fiable avant de liquider ses droits
La première étape consiste à consulter son relevé de carrière et à rapprocher les périodes enregistrées du parcours réel. Il faut vérifier les années d’études rémunérées, les remplacements, les congés, les périodes d’invalidité éventuelles, les emplois hospitaliers et les activités salariées. Une année incomplète ou une période absente peut avoir des conséquences durables sur la pension.
- Vérifier les trimestres inscrits au régime de base ;
- Contrôler les points acquis auprès de la CARMF pour le RCV et l’ASV ;
- Identifier les droits issus d’une activité salariée, hospitalière ou mixte ;
- Comparer plusieurs scénarios, notamment l’âge légal, le taux plein et un départ différé ;
- Examiner les montants annuels bruts, puis les revenus après prélèvements et fiscalité.
L’espace eCARMF et le relevé disponible sur info-retraite.fr permettent de centraliser cette vérification. Un rachat de trimestres peut aussi être envisagé pour certaines années d’études ou certaines années incomplètes. Son coût doit toutefois être comparé au gain réel de pension et à l’âge prévu de liquidation. La décision dépend donc d’un calcul personnalisé, et non d’un montant moyen.
Préparer l’après-cabinet : cumul, épargne et protection du conjoint
Le cumul emploi-retraite permet de poursuivre une activité après la liquidation des pensions. Le cumul intégral suppose notamment d’avoir liquidé l’ensemble de ses retraites obligatoires et de remplir les conditions du taux plein. À défaut, le cumul peut être plafonné. Pour un généraliste qui souhaite réduire progressivement son activité, cette option doit être étudiée avant la demande de liquidation, car la date de départ est difficilement réversible.
Un PER ou l’épargne issue d’un ancien contrat Madelin peuvent compléter les régimes obligatoires. Leur objectif est d’amortir la baisse de revenus entre l’activité libérale et la retraite. Le montant à verser dépend du revenu futur recherché, de l’horizon de départ et de la fiscalité. Il n’existe pas de taux universel adapté à tous les médecins.
La protection du conjoint doit également être vérifiée. Les taux de réversion indiqués sont de 54 % pour le régime de base, 60 % pour le régime complémentaire et 50 % pour l’ASV, sous réserve des conditions propres à chaque régime. La pension de réversion et les droits éventuels du conjoint collaborateur doivent être intégrés à la projection globale du foyer, avant la liquidation comme après le décès.